En 2024, la France a connu une augmentation sans précédent des expulsions locatives, avec 24 556 ménages expulsés avec le concours de la force publique, soit une hausse de 29 % par rapport à 2023. Ce chiffre dépasse largement le précédent record de 19 023 expulsions en 2023 et représente une multiplication par huit du nombre d'expulsions depuis 1983.
Une hausse alarmante
Cette explosion des expulsions s'explique par plusieurs facteurs. D'une part, la fin des mesures de protection mises en place pendant la pandémie de COVID-19 a entraîné une reprise des procédures d'expulsion qui avaient été suspendues. D'autre part, la crise économique persistante a aggravé la précarité de nombreux ménages, rendant difficile le paiement des loyers.
Des conséquences sociales préoccupantes
Les expulsions ont des conséquences dramatiques pour les ménages concernés. Selon la Fondation pour le logement des défavorisés, un tiers des personnes expulsées se retrouvent sans aucune solution pérenne de relogement, même un à trois ans après leur expulsion.
Des politiques publiques contestées
La loi du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l'occupation illicite, dite « loi antisquat », a été critiquée pour avoir facilité les procédures d'expulsion en alourdissant les peines pour les squatteurs et en réduisant les possibilités pour les juges d'accorder des délais aux locataires en difficulté.
Des appels à l'action
Face à cette situation, plusieurs associations appellent à la mise en place d'un plan d'urgence pour prévenir les expulsions : renforcement des aides au logement, augmentation de la production de logements sociaux, et meilleure coordination entre acteurs publics et associatifs.